Femmes de Valeur : ces femmes qui se relèvent de l’ombre de la guerre à Goma
À Goma, au cœur des bouleversements provoqués par les conflits, se dresse une force discrète mais indomptable : celle générée par le programme Femmes de Valeur . Ces femmes, autrefois unies dans des Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) initiées par HEAL Africa, se retrouvent aujourd’hui confrontées à l’épreuve de la survie. Là où elles partageaient l’espoir d’un avenir meilleur, elles partagent désormais le courage de continuer à vivre.
Avant la guerre à Goma, ces femmes se réunissaient chaque semaine à HEAL Africa pour épargner, lancer de petites activités génératrices de revenus et soutenir la scolarisation de leurs enfants. Mais avec le retour des violences, ces cercles d’autonomie sont devenus des espaces de survie, où la foi et la solidarité remplacent désormais les transactions économiques.
Béatrice, 51 ans, mère de sept enfants, en est un symbole émouvant. « Quand la guerre a éclaté, nous fuyions de Mugunga vers Ndosho. Mon mari est retourné chercher notre fils resté derrière, et il a été tué par une bombe » , raconte-t-elle.
Seule et désespérée, elle songeait à mettre fin à ses jours. C’est grâce au programme Femmes de Valeur et aux rencontres de prière ausein du Tabernacle de HEAL Africa qu’elle a retrouvé la volonté de vivre. « Les messages que nous recevons là -bas m’ont redonné de la force. J’attends toujours avec impatience nos jours de rencontre, car c’est ce qui me permet de tenir » , confie-t-elle.
Aujourd’hui, Béatrice vit chez une autre femme membre du groupe. Malgré la précarité, elle garde espoir. « Je tiens par un fil, mais je tiens. Je prie seulement que Dieu m’aide » , murmure-t-elle, les larmes aux yeux.
Un refuge au milieu du haos
Fatuma (nom d’emprunt), 55 ans, porte elle aussi le poids de la guerre. Mère de onze enfants et tutrice de trois orphelins, elle avait retrouvé une certaine stabilité grâce aux activités d’épargne collective à HEAL Africa. « Après trois ans dans mon groupe AVEC, j’ai pu acheter un terrain. Je voulais enfin construire ma maison » , dit-elle.
La guerre a tout bouleversé : ses revenus ont disparu, ses économies épuisées, et la scolarisation de ses enfants est devenue incertaine. « Je me demande parfois s’il ne me faut pas revendre mon terrain pour que mes enfants ne finissent pas dans la rue. » , s’est-elle confiée.
Comme Béatrice, elle continue de se battre, soutenue par la prière et la présence des autres Femmes de valeur à HEAL Africa.
Le programme Femmes de Valeur est devenu bien plus qu’un groupe d’épargne. C’est un espace de réconfort spirituel et de solidarité, où la dignité se reconstruit jour après jour. Soutenir ces femmes, c’est redonner souffle à des foyers brisés et préserver une lumière qui est restée vive face à l’adversité.
« Si je n’avais pas rencontré le groupe Femmes de valeur, je ne serais plus là aujourd’hui » , témoigne Béatrice. Dans cette phrase résonne toute la force des Femmes de Valeur : transformer la douleur en espérance, et la fragilité en puissance.